ISRAËL / ALLEMAGNE
2011 / PREMIÈRE MONDIALE
1H27 / VO HÉBREU
Synopsis
Tamar, belle jeune femme de 35 ans, vit seule avec ses deux fillettes. Toutefois, elle ne peut refréner son appétit sexuel et se donne à plusieurs hommes du village.
Shai, un jeune vétérinaire, revient s’installer dans la région et tombe rapidement sous le charme de Tamar. Une relation amoureuse naît rapidement entre eux. Mais Tamar pourra-t-elle se contenter d’un seul partenaire ?
réalisateur : Hagar Ben Asher
scénario : Hagar Ben Asher
image : Amit Yasour
montage : Asaf Korman
son : Ronen Nagel - Yisrael David
décors : Shunit Aharoni
interprètes :
Hagar Ben Asher
Ishai Golan
Icho Avital
Yoav Levi
Tzahi Hanan
Stav Yanai
Daria Forman
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Depuis Pathways, court métrage de fin d’études sélectionné en 2007 à la Cinéfondation, l’israélienne Hagar Ben Asher creuse le sillon de la sexualité. The Slut, conte transgressif, met en scène Tamar, mère de deux fillettes, qui se partage avec une équité naturelle et crue entre les hommes de son village : « Je tourne toujours autour de sujets aussi élémentaires que l’amour, la famille, les hommes, la victimisation et la culpabilité, explique la cinéaste et principale actrice de The Slut. J’ai d’abord cherché d’autres comédiennes bien meilleures que moi, puis – peur, excès de confiance ou impossibilité de renoncer au film tout entier ? - j’ai fini par le jouer. » Elle est donc cette Tamar dont l’amour de Shaï, un vétérinaire, menace à la fois sa liberté individuelle et l’équilibre sexuel collectif. Plan initial d’un étalon à l’élan brisé, séquence où Shaï monte une clôture près de la maison, sont autant de signes avant-coureurs d’un insupportable entravement. Cette histoire dérangeante, Hagar Ben Asher l’ancre au cœur de paysages amples, attribue à chacun un périmètre (l’extérieur ou la grange aux amants, l’intérieur à Shaï), convoque le règne animal –poules, paons, chiens, dindons – y impose une atmosphère (aucune musique sauf sur une scène de sexe) et une mise en scène cadrée où les plans fixes règnent en maître. « Je voulais traiter chaque scène comme si elle devait tenir debout toute seule », dit-elle. The Slut est une affaire de portes ouvertes ou fermées, de fenêtres, de regards – tout le monde, ici, s’observe – et d’absence de jugement, du moins jusqu’à son dénouement. « Une belle misère, un beau mystère, voilà ce que je me répétais pendant le tournage », explique Hagar Ben Asher. Belle misère, oui, que ce final à l’arraché qui devrait diviser.
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Sophie Grassin |